jeudi 11 janvier 2007

Déposer le bilan d'une SARL 3/10

Conseil N°3 : "Lorsque ton banquier semblera très gentil tu te méfieras"

Une banque est un établissement commercial dont la vocation est de faire des bénéfices (tout comme votre SARL) et donc le banquier n'est pas Phillantrope. C'est évident, et pourtant le chef d'entreprise, passionné par son projet, par son entreprise et vivant au quotidien les joies et les peines de sa gestion, ne comprend pas toujours pourquoi son interlocuteur bancaire ne semble pas aussi emballé que lui sur l'avenir et les projets de l'entreprise.

Au delà des périodes de création de l'entreprise, j'ai constaté que le discours du banquier est capable de varier énormément, voici avec un peu de moqueries, mais beaucoup de vérité, le discours de mon banquier lors de la vie de mon entreprise :

Etape 1 : la création (cela se passait pour moi en 1997) - "Attention votre projet est risqué, nous sommes en pleine crise économique (il est vrai que 97 n'était pas une des années les plus florissantes), l'informatique n'est plus un secteur porteur....etc" bref vous le voyez, discours frileux, je ne m'attendait pas à mieux

Etape 2 : fin de première année - "Vos résultats sont pas mauvais, mais il faut attendre 3 ans pour que vous soyez sortis des risques principaux... plus de la moitié des entreprises ont fermées avant les 3 ans fatidiques...". Toujours un discours frileux, merci si j'ai rien à vous demander Monsieur le banquier, je viendrais vous voir...

Etape 3 : fin de la troisième année - "Vous savez il faut attendre 5 ans pour vous considérer comme une entreprise fiable et pérenne...". Tiens c'est donc ce n'est plus 3 ans ?

Etape 5 : fin de la cinquième année - "Vous êtes sortie de l'auberge, maintenant il faut augmenter votre capital et augmenter les profits...". Ah quand même ! oui mais monsieur le banquier, j'ai du mal a retrouver un souffle de l'après "fin 2001" justement moi c'est après cette 5ème année que l'activité est la plus difficile...

Etape 6 : 8 mois avant le dépôt de bilan - "Je peux vous aider !". - ouahhhh enfin !!!! - "je vous propose un prêt trésorerie de 15000 euros, mais il me faut votre caution personnelle..."

Moralité : Le prêt pour finir d'achever la chute, surtout à éviter, le banquier vous proposera ce genre d'opération avec un air de bienveillance... prêt que vous rembourserez avec vos propres deniers bien après le dépôt de bilan... et oui vous êtes caution !

Michel

1 commentaire:

olivier a dit…

en + un banquier, quand tu es dans la merde juqu'à hauteur entre le nez et la bouche, il te monte sur la tête !

eh oui, trois chèques rejetés (je parle de mon cas, en 2000) = 2000 francs de frais, en + des vexations "dénonciation banque de france", etc...

plus la bonne journée (ou deux) qu'il vous faut pour faire le tour des "victimes" de votre impayé, leur faire signer un document comme quoi vous leur avez versé la somme en liquide (faux billets faits cette nuit avec l'imprimante ?), les copies et tout ce qui s'en suit, avec la menace du couperet de l'infamie (mon premier patron, interdit bancaire, me payait en liquide à la fin du mois - je ne lui en ai jamais voulu, mais je me rappelle qu'il était pour le moins géné)

plus les "commission ceci", "frais cela", "intérêts truc chose", etc

au fait ... 2000 francs pour trois chèques, si ca se trouve ca fait maintenant 150 euros par chèque, moyennant un petit arrondi bien commode... ?

non, je dois être médisant

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